Une matinée de verrier à Liuzhou
Michael Zhan arriva à Liuzhou par un matin brumeux de mars, suivant le conseil d’un négociant en laque à propos d’un atelier verrier familial caché dans un vieux quartier. Le propriétaire, Maître Wei, soufflait le verre depuis l’âge de quatorze ans, utilisant des minéraux extraits des collines voisines pour teinter la silice en fusion. La nuance ambrée qu’il obtenait — chaude, transparente, avec un soupçon de rouille — rappelait à Michael les vieux flacons d’apothicaire aperçus dans les maisons de thé du Fujian. Autour de tasses de Tiě Guān Yīn, ils discutèrent des proportions qui font chanter une tasse de dégustation : la hauteur doit dépasser le diamètre pour piéger les arômes, le bord doit être fin mais arrondi pour une caresse sur les lèvres, et le fond doit être assez robuste pour conserver la chaleur résiduelle. Michael choisit deux cylindres hauts dans la fournée matinale de Maître Wei, chacun de 40 ml, idéal pour partager une infusion gongfu avec un ami. Le format en paire invite à une comparaison côte à côte des arômes, un rituel qu’il défend depuis longtemps pour les sessions d’oolong. Les tasses sont désormais finies avec un polissage soigné du bord et portent la légère marque du pontil laissée par la canne de soufflage — signe de leur origine artisanale.