Du quartier verrier de Liuzhou, par Michael Zhan
Dans les pâtés de maisons tranquilles au-delà des ponts d’acier de Liuzhou, se trouve un groupe d’ateliers où l’on souffle le verre depuis des générations. Michael Zhan s’y est rendu pour la première fois lors d’un voyage d’approvisionnement en 2025, à la recherche de quelque chose qui pourrait allier la rapidité d’une séance solo moderne sans perdre la sensation rituelle du gài wǎn. L’atelier qu’il a trouvé était petit — trois artisans, un glory hole, des étagères remplies de prototypes. Leur spécialité était les parois fines : des récipients en borosilicate étirés jusqu’à 1,2 mm d’épaisseur, un seuil où la chaleur se transmet en quelques secondes plutôt qu’en minutes. Michael a passé deux jours à tester les formes, l’ajustement du couvercle et les vitesses de versement, éliminant les pièces qui sifflaient ou gouttaient. La version finale de 80 ml — juste assez pour un tour de gōng fu avec une dose de 5 g — a été choisie pour son équilibre entre légèreté et rebord robuste. Chaque pièce est soufflée à la bouche, puis finie à la main pour éliminer toute aspérité du bord. Le résultat est un gaiwan qui disparaît en cours d’utilisation : on ne voit que le thé.