De Handan, avec soin
Sandry Law a demandé à l’atelier de Liu Shenyang une tasse de dégustation qui disparaîtrait de l’attention du buveur — sans couture, sans courbe déformante, juste un récipient silencieux pouvant contenir 50ml sans voler la vedette. L’établi de Handan, trois générations dans le travail du borosilicate, n’avait jamais fabriqué de tasse de dégustation dédiée auparavant ; ce set est issu de quelques séries de prototypes que Sandry a menées avec Liu Shenyang lors d’une de ses visites régulières.
La recette familiale équilibre la tolérance thermique avec une transparence saisissante. Chaque tasse est cueillie, soufflée, rognée et recuite — le refroidissement lent élimine les tensions internes, si bien que le verre peut supporter une eau presque bouillante sans se fissurer. La contenance de 50 ml a été choisie après des tests avec différentes configurations de gongfu : quatre à six personnes à une table, chaque tasse contenant exactement une gorgée généreuse, montrant la couleur du thé comme une colonne de lumière ininterrompue.
Ce qui distingue ces tasses du verre industriel typique, c’est le bord. Sandry a insisté pour obtenir un bord poli et roulé qui semble impondérable sur la langue et ne retient pas une seule goutte. Avec six unités dans un set, une session entière se déroule visuellement : de la première infusion pâle à l’ambre plus profond des infusions suivantes, chaque versement raconte sa propre histoire. Cette verrerie n’est pas seulement conçue pour être regardée, mais pour faire du thé l’élément principal.